Un climatiseur ou une PAC installé à Arles sans bilan thermique préalable est souvent surdimensionné par excès de prudence: l'artisan ou le particulier, faute de calcul précis, préfère voir large pour être sûr que l'appareil suivra en pleine canicule. Le résultat inverse se produit pourtant. Un équipement trop puissant pour le volume à traiter atteint la température de consigne en quelques minutes, coupe, puis redémarre peu après: c'est le cycle court.
Ce fonctionnement en dents de scie a trois conséquences concrètes, dans le centre ancien comme dans les quartiers plus récents d'Arles. D'abord, le compresseur, la pièce la plus coûteuse de l'appareil, encaisse un nombre de démarrages bien supérieur à celui prévu par le fabricant, ce qui accélère son usure et réduit sa durée de vie utile. Ensuite, la déshumidification de l'air reste incomplète: un climatiseur a besoin de tourner en cycle continu pendant un certain temps pour extraire correctement l'humidité, un cycle court laisse l'air froid mais encore humide, sensation collante malgré la baisse de température affichée. Enfin, l'attestation de capacité de manipulation des fluides frigorigènes que détient l'installateur ne protège en rien contre un mauvais dimensionnement: elle encadre la manipulation du fluide, pas le calcul de puissance.
Si cette usure prématurée n'est pas corrigée, le risque est double: une panne précoce sur un appareil pourtant récent, et un confort d'été qui reste dégradé malgré un investissement conséquent.